Les infirmières libérales

Le par NosAvis.com

Comment devient-on infirmière libérale ?

Contrairement à une infirmière exerçant dans un hôpital, l’infirmière libérale est un travailleur indépendant, et son activité est sous sa seule responsabilité. Elle n’est plus salariée et choisit la plupart du temps le statut d’entrepreneur individuel.
Elle exerce dans un cabinet, seule ou à plusieurs infirmières associées, et se déplace au domicile de ses patients. Comme bon nombre de professions, et surtout celles qui sont libérales, celle-ci demande plusieurs obligations.
Le ou la candidat(e) à ce métier doit tout d’abord avoir obtenu son diplôme français d’infirmier. Il est placé sous la tutelle du Ministère des affaires sociales et de la santé, et il confère depuis l’année 2009 au diplômé le grade de licence. Il est un diplôme national ou diplôme d’État. Les formations pour l’obtenir durent 3 ans.
Ce diplôme permet de devenir collaborateur du médecin, pouvant administrer les médicaments, appliquer les prescriptions, prendre en charge l’hygiène du patient et effectuer des gestes courants demandés par la fonction.
C’est après deux années d’expérience en services de soins (3 200 heures de travail) effectives sur les 6 années précédant la demande, dans l’un des états membres de l’Union européenne ou en Suisse, qu’il devient possible d’exercer en libéral. À défaut, on demande 36 mois d’expérience professionnelle.
Il faut ensuite choisir un lieu d’installation. La Caisse d’assurance maladie du lieu envisagé renseigne le ou la candidat(e) sur le statut de la zone concernée et sur les éventuelles formalités supplémentaires à envisager.
Puis, la future infirmière libérale doit faire enregistrer son diplôme auprès de l’Agence Régionale de Santé, s’inscrire à l’ordre national des infirmières, et s’enregistrer également à la Caisse primaire d’assurance maladie du département d’exercice afin d’obtenir sa carte professionnelle de santé.
Elle doit encore déclarer son début d’activité libérale au CFE (Centre de Formalités des Entreprises) de l’URSSAF de son lieu d’exercice. Pour cela, elle ne dispose que de 8 jours suivant la création de l’entreprise et le début de son activité.

Les qualités nécessaires à l’infirmier(ère) libéral(e)

Les qualités nécessaires pour devenir un(e) infirmier(ère) libéral(e) sont nombreuses, car ce métier est tourné vers les autres. Il y a dix qualités premières à posséder (et sans doute quelques autres) :
- L’endurance : l’infirmière libérale exerce en toutes saisons, par tous les temps, fait de nombreux kilomètres en voiture, monte des escaliers, porte ou soutient des malades, rentre tard et part tôt. Les vacances sont également très limitées, les RTT n’existent pas.
- La réactivité : si un patient appelle tard le soir, il faut aussitôt pouvoir répondre à sa demande, afin de l’intégrer dans le planning du lendemain et/ou des jours qui viennent. Il doit recevoir une réponse, une solution immédiate.
- L’organisation : elle va de pair avec la réactivité. De nombreuses tâches sont à accomplir et aucune ne doit être mise à la trappe.
- La polyvalence : comptable, secrétaire, aide-soignante, assistante sociale, chauffeur, en plus d’être infirmière, sont une partie des activités qu’elle doit accomplir.
- L’adaptabilité : urgences, changements de planning, de règlementation, bouleversements de l’organisation du cabinet, absences, doivent être gérés sans que cela devienne une corvée.
- Le relationnel : ouverture d’esprit, ouverture vers l’autre, capacité à répondre à des personnes inquiètes, souffrantes, ou en désaccord sont des atouts qui permettent un bon relationnel.
- L’écoute : certains patients se sentent seuls, n’ont que l’infirmière comme interlocuteur dans leur journée. Elle doit alors leur donner une parole réconfortante, les rassurer. Et pour cela, elle doit savoir les écouter.
- L’empathie : se mettre dans la peau du patient aide l’infirmière à comprendre ce qu’il ressent et lui permet de bien le traiter tout en gardant la posture et le recul nécessaires.
- La patience : entre les patients perdus, inquiets, les embouteillages en voiture, les malades en retard ou qui ont « oublié » un rendez-vous, les raisons d’être patient(e) ne manquent pas.
- La motivation : toujours se rappeler pour quelle(s) raison(s) elle a choisi ce métier aide l’infirmière libérale à garder sa motivation à toute épreuve et sa bonne humeur.

Quels sont les soins pratiqués par une infirmière libérale ?

Une infirmière libérale constate de nombreux changements dans sa pratique et son organisation que lorsqu’elle était en statut de salariée. Ses tournées la mènent vers de multiples cas bien différents et variés.
Tout d’abord, l’infirmière d’état ayant pratiqué deux années en établissement de soin, en hôpital ou clinique, est capable d’effectuer les mêmes gestes une fois indépendante. La seule différence se trouvant dans l’environnement et la façon de prodiguer les soins.
En plus de réaliser ces soins, elle doit être en mesure de poser un diagnostic infirmier, et également de pratiquer quotidiennement la prévention et l’éducation à la santé, ainsi que le dépistage le cas échéant.
Les soins que l’on demande à l’infirmière libérale sont ordonnés soit par une prescription médicale, soit par la présence d’un médecin prescripteur. Tout comme ce qu’elle peut vivre à l’hôpital, l’infirmière libérale remplit un rôle pluridisciplinaire et doit être capable de prendre en charge le malade, tout en étant un pilier indispensable dans la coordination des soins médicaux. Elle est le relais privilégié des médecins et autres personnels de santé qui s’occupent du patient.
Les types de soins que peut effectuer l’infirmière libérale sont classés en 3 catégories distinctes :
- Les soins courants : ils concernent les pansements, lavages, injections, prélèvements sanguins, perfusions, dialyses péritonéales, soins palliatifs.
- Les soins spécifiques : ils englobent la prise en charge des personnes diabétiques, ainsi que l’utilisation des cathéters (dans le cadre des prélèvements et des injections).
- Les soins infirmiers à domicile : ce sont les surveillances, les mises en place d’aide et de prise en charge personnalisée.
La Nomenclature Générale des Actes Professionnels infirmiers liste ces actes.
Certains soins sont donnés dans certaines régions plutôt que d’autres, ou selon la saison (comme l’injection du vaccin contre la grippe). L’environnement de soins est très différent de l’hôpital. Parfois, les infirmières libérales doivent s’adapter à un lieu de vie moins respectueux des règles d’hygiène, ou avec peu de place pour réaliser leurs soins. Elles sont nombreuses à devoir signaler un endroit de vie insalubre pour leurs patients.

La présence de l’infirmière libérale auprès des malades

L’infirmière libérale n’est pas uniquement celle qui panse les plaies, soigne les petits bobos, pique, pose les perfusions… Même si ces gestes sont bien entendu ceux que l’on décrit dans ses compétences et ses pratiques, elle est bien plus que cela pour « ses » patients. Sa présence est importante pour la guérison du malade, voire totalement indispensable.
L’infirmière libérale analyse les soins et les organise. Elle les évalue également, protège et promeut en permanence la santé physique de ses patients, mais également leur santé morale. Son objectif principal est de se dévouer entièrement à leur cause et les maintenir le plus longtemps possible dans leur cadre de vie familial et / ou social.
Le premier contact avec le malade, et avec sa famille, est primordial. L’infirmière se doit de créer un cadre de confiance, et de faire preuve de soins autant relationnels que techniques. Bien plus encore que ne doit le faire une professionnelle de santé à l’hôpital. Ses soins sont également éducatifs, en direction notamment de l’entourage du patient.
À l’écoute, et également en fine observatrice, elle note tout ce qui peut concourir à la connaissance de l’état de santé de ses malades, tout en supervisant au quotidien la réalisation de leurs soins, de leur hygiène et, également, de leur alimentation. Il peut également lui être demandé de superviser, contrôler la réalisation de soins effectués par d’autres personnels de santé, notamment des aides-soignants.
La communication avec le patient est importante, afin de le rassurer et de l’aider à guérir. Mais la communication avec d’éventuels services hospitaliers, le médecin traitant, la famille et tout autre intervenant est également essentielle. Informer et accompagner sont des qualités indispensables.
L’infirmière libérale doit également se rendre disponible en soirée, ainsi que le week-end dans certains cas. Elle doit être méthodique, rigoureuse, être capable d’empathie et de maîtrise de soi.
« Guérir parfois, soulager souvent, consoler toujours », Ambroise Paré.

Le travail administratif très varié d’une infirmière libérale

Les dossiers, les papiers administratifs pour les patients comme pour l’infirmière libérale elle-même représentent bien souvent la moitié de son temps de travail. Elle informe ses patients ou sa famille de ses honoraires, les tient à jour, les affiche à son cabinet.
L’infirmière libérale gère évidemment les prescriptions, puis les planifie, entre dans sa gestion les recettes du jour, les bordereaux de virement des caisses, édite les factures pour les soins cessants, relance les éventuels impayés. Puis elle fait également des rapports sur ce qu’elle a vu ou sur ce qu’elle a fait. Elle peut être amenée à remplir des feuilles de liaison entre différents services devant recevoir le patient, laisser une traçabilité des soins et du matériel ou des médicaments utilisés, s’assurer que des documents importants soient bien signés.
De son côté, pour elle et son cabinet, elle doit aussi commander sa pharmacie, le matériel nécessaire à ses soins, s’occuper d’envoyer des résultats au laboratoire etc.
Il existe dans le travail administratif de l’infirmière libérale une partie liée au devenir du patient : l’aider dans ses démarches de demande de convalescence, de placement en institut, d’un maintien ou un retour à son domicile avec des aides, d’une demande de prise en charge de soins comme le nursing aux personnes dépendantes ou la distribution de traitements chez les patients psy.
Il y a également tous les appels téléphoniques que la profession engendre, que ce soit avec les patients eux-mêmes ou leurs proches, les administrations, les services médicaux, les consœurs etc.
Enfin, l’infirmière libérale s’occupe elle-même de la gestion de son cabinet et de son salaire, de ses assurances, ses déclarations mensuelles, le bail du cabinet, ainsi que des contrats avec d’autres infirmières, en association ou en remplacement pendant des congés ou une maladie par exemple.
La liste n’est pas exhaustive, elle peut être plus ou moins variée selon les cabinets ou les régions, et peut être modifiée selon les cas de figure rencontrés.
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